mercredi 21 février 2007

M'interroge sur l'objectivité

Objectivit_1De retour d'une petite escapade sur un rallye Péruvien, afin de faire le plein de photo pour Echappement, me revoici à lire la presse Française sur la toile. Et là, je tombe sur une dépêche AFP bien intéressante :

"Alain Duhamel a été privé d'antenne sur France Télévisions jusqu'à la fin de la campagne électorale et a dû suspendre sa chronique quotidienne sur RTL, pour avoir pris position en faveur de la candidature de François Bayrou."

Pour ma part, j'ai beaucoup de respect pour le sieur Duhamel. Car plutôt que de courir après une objectivité chimérique ou relative (et donc subjective !!!), il se positionne. Il me paraîtrait ainsi honnête intellectuellement que tout journaliste politique se positionne avant de parler. Ne lit-on pas l'Huma comme un journal communiste ou Libération et Le Figaro en sachant d'où viennent leurs attaches ? En cela, lorsque Dassault déclarait reprendre Le Figaro dans l'optique d'éradiquer la dangereuse pensée socialiste, c’est certes dégoutant, mais relève des options prises par notre société, et s'avère finalement déontologiquement respectable. Le débat s’élargit ici et j’y reviendrais plus loin.

Donc on va remplacer monsieur Duhamel par Franz-Olivier Giesbert et Serge July (ex-PDG de Libération), qui, bien sûr s’avèreront bien plus objectifs car n’ayant pas à faire un choix en avril prochain… Non vraiment, s’il y a bien une chose que je ne comprends pas dans le journalisme, c’est cette recherche d’objectivité. Ou je ne comprends pas le mot à l’instar du dictionnaire (D’après Littré : Objectivité : qualité de ce qui est objectif, Objectif : Qui décrit la réalité sans jugement), ou on l’a redéfini sans nous le dire. Il est vrai que je prends un point de vue un peu Bourdieusien, puisque j’argumente incidemment que nous sommes des êtres subjectifs. Je crois ceci vrai, nous nous accordons souvent sur le fait que l’Homme ne soit pas seulement un Etre instinctif. Si tant est que la vie en commun et donc le défi politique qui en découle, soient des notions purement instinctives.

Bref pour en revenir à l’objectivité et les journalistes, beaucoup s’accordent sur sa relativité. Mais alors pourquoi s’évertuer à la citer en permanence ou à en faire une référence au dessus de tout principe. Au risque de voir ces principes perdre de leur valeur et de leur crédibilité. Concrètement, il est certain qu’un époux, une épouse, un ami personnel ou un acteur de la campagne d’un homme politique, pourrait difficilement remplir sa fonction, tant les enjeux dépassent alors les ressources d’une personne.

La nouvelle définition de l’objectivisme serait donc un subjectivisme modéré par plus de facteurs que le libre arbitre. Merde alors, cela ne correspond plus non plus à la définition de l’objectivité ou encore à son acception commune… Ne dit-on pas régulièrement : « je vais essayer de te relater les faits le plus objectivement possible. »


Pour ouvrir un autre débat, je pense que si les journaux peuvent se permettent un positionnement clair, ou laissent transparaître, par exemple dans le cas du Monde, leurs accointances, la nature volatile et bien plus commerciale du son et de l’image empêche toute tentative similaire. D’autant qu’à part Radio France, la plupart des medias radio ou télé connaissent un turn-over important ne permettant pas de restituer la voix ou l’image, à une pensée façonnée au fil des années de vie. Dans notre monde ayant choisi de privilégier l’image et le son (l’ordre n’est pas innocent) à l’écrit, la récurrence de l’évocation de l’objectivité me semble une sorte de pièce de tissu destinée à cacher le vide du plein médiatique. Comme nous dirait ce cher Dutronc : « on nous cache tout, on nous dit rien ».

Posté par klimo à 20:02 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur M'interroge sur l'objectivité

    objectivement t'as pas tort

    la recherche d'une soi-disante objectivité n'est pas l'apanage du journalisme, prenons l'exemple de la socio ou de toutes les prétendues "sciences" sociales ou humaines.

    En ce qui concerne le journalisme, c'est assez frappant de voir que quand on se prétend objectif, on voit bien qu'on s'inscrit dans le discours dominant, le politiquement correct. Comme ces gens qui se prétendent apolitiques et qui, la seconde suivante, se déclarent au centre, comme s'il ne s'agissait pas d'un positionnement politique.

    L'objectivité n'est au final qu'une façon de conserver les règles, normes établies, puisque tous ceux qui apportent un discours différent sont taxés de subjectifs, prosélites...

    En même temps, pour l'autonomie de l'individu je trouve ça intéressant qu'on taise parfois ses opinions, pour laisser la place à la construction du jugement de l'autre.

    et sinon, je suis pas allé a la reunion de la librairie la semaine derniere, desolee, mais prochaine reunion debut mars, j'essairai de presenter ton projet.

    bises

    Posté par eug, samedi 24 février 2007 à 17:37 | | Répondre
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